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REGISTRES DU BUREAU
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et à mesure que lesd, plus valleurs viennent, lesd, fermes alienées par led. Sgr luy relourneroient par succession de temps quittes des charges desd, rentes ; et où rachapt ne se fera d'icelles, lesd, fermes demeureront trop longtemps obligées, et perdra lad. Ville son credit envers le peuple qui a cy devant tant voluntairement que par contrainlte baillé argent à constitution de rente sur lesd, fermes pour le secours dud. S»r, ce qu'ilz feroient cy après à grande difficulté, par ce qu'ilz ne seroient point asseurez de leursd, rentes, attendu que lesd, fermes peuvent diminuer de pris lant pour la sterillilé que pour la gellée et autres
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fortunes qui peuvent advenir; et aussi que, en employant lesd, deniers à autre usage que au rachapt desd, rentes, se seroit contrevenir à l'Edict dud. Sgr qui le deffend, encores qu'il n'y a Lettres dud. S81, adressantes à lad. Ville desrogantes aux premieres.
Et que après lesd, remonstrances faittes, où led. S-r et son Conseil vouldront ordonner que lad. Ville baille lad. somme, luy requerir que son bon plaisir soit de bailler à lad. Ville autre garantye et asseurance ausd, particulliers au lieu desd, plus valleurs, pour tousjours conserver et entretenir le credit d'icelle Ville envers le peuple.
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DCCCXXXIII. ---- Le TRESPAS, CONVOY ET ENTERREMENT DE FEU Mc FRANÇOIS Le PlCART,
DOCTEUR EN THEOLOGIE, NATIF DE PARIS. 17 et 18 septembre 1556. (Fol. 211 v°.)
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Le jeudi xvii0 jour de Septembre mil vclvi, noble et scientifique personne, meFrançois Le Picart, sr d'Atilly en Brie, docteur en theologie et doyen de Saint Germain de l'Auxerrois, trespassa au logis de lad. doyenné à quatre heures du matin; lequel a esté autant plainct du bon peuple de Paris que homme qui mourut y a cent ans, pour ce que le deffunct avoit employé toute sa vie à faire quotidiennes leçons et sainttes prédications, enseignant la verité évangélique et sincere doctrine catholique taut en ceste ville de Paris, où il a prins naissance, que ailleurs, par l'espace de trente ans et plus, pour lesquelles soustenir a autres foys souffert plusieurs tribulations, mesmes longue prison à Sainct Magloire ; et l'avoit led. peuple en telle reverence qu'il estoit estimé l'ung des plus beaulx myrouers d'exemplarité de vie et de doctrine qui fut en ce Royaulme, ennemy des heresies et faulces doctrines et vray piller de la foy : qui a esté ung grant dommage de la Republique Chrestienne, par quoy sond, trespas, convoy et obseques ont esté fort honnorables, et a esté porté de lad. eglise de Sainct Germain de l'Auxerrois au couvent des Blancs Manteaulx où il a esté inhumé avec son père comme il ensuit.
Premierement, trois ou quatre heures après son trespas, fut ouvert, et son cueur tiré de son corps, et mys emsemble au meilleur.de la court de sond, logis, enveloppé d'ung beau drap, le visaige descouvert et les mains jointtes. Et de toutes les parties de la ville et des faulxbourgs de Paris, chascun le venoit voir, et ceulx qui l'avoient congneu et oy ses prédications pleuraient fort piteusement et faisoient grans regrez de l'avoir perdu en ce monde; et les
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pauvres et simples gens qui considéroient sa saintteté de vie et de doctrine faisoient toucher à ses mains leurs livres et palenostres.
Et environ cinq heures du soir, que toute la semonce fut venue, fut porté led. corps dedans lad. eglise, et voullurent les chanoines d'icelle eglise avoir led. cueur; et en chantant hymnes et champs funebres et piteulx, enterrèrent led. cueur au cueur de lad. eglise Sainct Germain.
Puys marchèrent devant les cryeurs de corps à grand nombre, vestuz de deul, ayans chascun deux escussons, l'ung devant et l'autre derriere, où estoient painttes ses armes, qui estoient d'asur, sur un lyon rampant d'or, et sonnoient de leurs sonnettes ou clochettes en la maniere acoustumée.
Après, marchoient les Enffans de la Trinité en grant nombre, tous nuz piedz, tenans chascun une chandelle ou cierge ardant à la main.
Après, marchoient les Cordeliers jusques au nombre de trois cens ou environ.
Après, les Jacopins.
Après, les Augustins.
Suyvoientles Carmes.
Et avoient chascun desd. Mendians deux torches armoyées comme dessus, pour acompaigner leurs croix.
Après, marchoient vingt et quatre pauvres, portans chascun une torche ardante garnyes d'escus-sons aux armes dud. deffunct.
Après, marchoient les religieulx des Blancs Manteaulx.
Après, marchoient d'ung costé de la rue grant nombre de docteurs en theologie, tant religieulx que
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